ENTRE DEUX RIVES 

la passerelle France - Orient 

VISITE AUX CHRETIENS D'IRAK

Temoignage de François Colcombet, ancien député, magistrat honoraire

 

 

 

La France est un pays plus uni que le croient les Français eux-mêmes. Lorsque Jacques Chirac président de la république s'est opposé à la deuxième guerre en Irak, il avait derrière lui l'ensemble du pays. Cette attitude n'était pas nouvelle. Quelques années plus tôt pendant une période de cohabitation, Chirac étant déjà président et Jospin premier ministre, le Parlement français avait été invité à porter sur place le témoignage du soutien de la France au peuple irakien.

 

J'ai fait partie, comme député de la majorité, d'une mission présidée par Roselyne Bachelot alors elle-même député de droite, mission qui se composait de représentants de tous les partis de l'assemblée. Nous devions rencontrer des dirigeants du régime irakien de l'époque et leur exprimer notre désapprobation des frappes aériennes et du blocus qu'imposaient alors à l'Irak l'Angleterre et les États-Unis.

 

Retenu à Paris au moment du départ, j'ai rejoint le groupe des députés en passant par la Jordanie. Du fait du blocus, il n'y avait, bien entendu, pas de vol direct pour Bagdad. Cette traversée en solitaire des déserts jordanien puis irakien, seul à bord d'un taxi, m'a permis de découvrir un pays dont je n'avais pas idée. Et d'apprécier le contraste entre les régions désertiques et les grandes vallées des deux fleuves qui arrosent cette région. C'est là que se trouve l'un des berceaux de nos civilisations. Là qu'a été inventée l'écriture et que se sont développées la plupart des grandes religions.

 

À Bagdad il fut décidé que le groupe des français se diviserait en deux. Le premier mené par Roselyne Bachelot irait à Bassora où venaient de tomber des projectiles envoyés par les Américains.. Un autre groupe de deux députés, dont je faisais partie, irait à Mossoul où on signalait une autre frappe. J'ai demandé que ce voyage nous donne l'occasion de rencontrer si possible les chrétiens de la région, dont j'avais tant entendu parler par Ephrem et ses amis.

 

Et c'est ainsi que nous sommes partis pour Mossoul où nous avons visité une université réduite à la misère par le blocus et ou nous avons rencontré des officiels. Puis après un détour par des sites historiques aujourd'hui détruits, nous sommes partis pour Karakoche. Là vit, ou plutôt vivait, une importante communauté de chrétiens. Un mot à propos de ces chrétiens : il en existe de multiples confessions correspondant aux schismes qui ont autrefois divisé et, disons-le, fragilisé le monde chrétien. Certaines de ces communautés ont parfois été par la suite rattachées à Rome comme celle de Karakoche la plus importante de la région dont est issu notre Ephrem (qui est dominicain et a enseigné chez les jésuites de Beyrouth). D'autres chrétiens vivent en petites communautés rattachées ou non à Rome. Il y a même des orthodoxes comme en Syrie à la suite de migrations qui laissent deviner que le passé n'a pas été calme pour eux. Quoi qu'il en soit, tous ces chrétiens vivaient en paix entre eux et avec les musulmans la plupart sunnites de cette région et avec les Kurdes eux-mêmes musulmans chiites ou sunnites .

A Karakoche, notre délégation a été reçue sur la place devant l’église par une petite foule qui nous a fait part des ses inquiétudes alors même qu'elle était protégée par le régime au pouvoir à Bagdad. Nous avions d'ailleurs, nous les députés français, rencontré longuement Tarek Aziz le ministre chrétien de Saddam Hussein. Notre démarche de paix était évidemment ressentie comme un message d'espoir par cette communauté plus fragile qu'on ne pouvait le croire à l’époque.

 

Ce n'est pas sans beaucoup de tristesse et même un sentiment de culpabilité que je repense aujourd'hui à cette rencontre. Nos promesses les avons nous tenues ? Suffisait-il de s'opposer aux initiatives folles de Bush junior et de ses alliés anglais ? En France même, avons-nous assez répondu à ceux qui voulaient s'aligner sur les américains en votant par exemple l'entrée de la France dans l'Otan ?

 

Après Karakoche, notre délégation a été reçue par les chefs des tribus de la région de Nemrod où se trouvent les ruines d'une ancienne capitale assyrienne. Ce site vient d’être ravagé par les fanatiques qui ont envahi la région. Comme la ville d'Hatra d'origine hellénistique,ou nous nous étions aussi arrêtés.

 

Avant de regagner Bagdad nous avons du faire encore halte à Samara cette fois à cause d'un incident mécanique à une de nos voitures car le blocus fragilisait jusqu'aux voitures officielles ! Mais Samara valait une longue visite.Outre que l'un de ses minarets passe pour avoir servi de modèle à la tour de Babel de la Bible, cette ville est aussi un lieu de métissage culturel historique entre les musulmans chiites et les musulmans sunnites dont les mosquées et les mausolées sont édifiés côte à côte. Ironie de l'histoire, c'est donc à Babel que se trouve une des clés du retour à la paix dans cette région. Elle passe par la réconciliation entre sunnites et chiites qui ne se parlent plus. Lorsque fut renversé le régime de Saddam Hussein les chiites soutenus par l'Iran ont pris le pouvoir en Irak dont ils sont, si l'on peut dire, la minorité majoritaire. Ils ont avec l'aide des Américains décapité l'armée irakienne de tous ses cadres qui étaient sunnites qu'ils ont remplacés par des chiites la plupart formés en Iran quand bien même ils ne sont pas des généraux iraniens. Désormais les populations sunnites de la région de Mossoul se trouvent prises entre cette armée chiite qui pratique un véritable terrorisme d'État et les terroristes sunnites qui tiennent la région. La solution du problème irakien passe bien entendu par une paix globale dans laquelle les droits de chacun doivent être reconnus. Je souhaite que la France reste unie comme elle sait le faire pour aider à cette action. Unie elle saura entraîner l'Europe et le monde occidental pour rétablir la paix en Irak.

 

En attendant que cette solution soit trouvée notre devoir est d'aider les plus faibles à survivre, à conserver leur culture et à former leur jeunesse pour être prêts à un redémarrage positif dans l'avenir. C'est dans cet esprit qu'a été créée l'association Entre deux Rives (la passerelle France-Orient) dont l’œuvre est centrée sur l'éducation, la mère et l'enfant, de façon à éviter qu'une génération soit sacrifiée. Elle a besoin du soutien de tous. Elle permet à chacun de s'engager concrètement et selon ses moyens.

 

 

 

 

François Colcombet

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